posté le 28-02-2011 à 17:23:24

LA DECENTRALISATION AU GABON : PERSPECTIVES DANS LA DYNAMIQUE DE L'EMERGENCE


UNE NOUVELLE APPROCHE DE LA DECENTRALISATION

Les collectivités locales jouent un rôle essentiel dans la modernisation et dans la mise en oeuvre des politiques publiques. Elles doivent favoriser le rapprochement entre les citoyens et le service public. La décentralisation est un système d’organisation administrative qui, sans remettre en cause l’unité de la nation, enrichit la vie démocratique afin de développer le rôle qui incombe aux collectivités locales. Il convient ici d’explorer quelques pistes susceptibles d’asseoir graduellement les principes de libre administration des collectivités locales. Mais cela passe sans doute par un véritable élan d’aménagement du territoire et par une meilleurs formation des décideurs locaux, couplé d’une participation active des citoyens à la vie publique locale. D’où l’impérieuse nécessité d’une réforme de la loi portant sur la décentralisation.

1°) l’aménagement du territoire : corolaire de la décentralisation.

Pour relancer la décentralisation, des mesures de développement des zones rurales sont nécessaires. Le GABON souffre d’une très forte inégale répartition de la population. On pourrait d’ailleurs parler de Libreville d’un côté, avec une très forte densité ; et du désert gabonais pour l’arrière pays, avec des disparités entre les provinces. Il ya donc une exigence d’équité dans l’accès au service public. Celle-ci pourrait conduire à des actions spécifiques en faveur des territoires les plus fragiles. Les autorités pourraient saisir l’opportunité des fêtes tournantes pour accorder plus de crédits aux provinces les plus désertiques et promouvoir l' activité agricole par exemple. Il convient également de mettre en place une administration de mission à vocation interministérielle qui aurait pour objet de préparer, impulser et coordonner les politiques d’aménagement du territoire menées par l’Etat et accompagner les mutations économiques. Cette structure travaillerait en étroite collaboration avec les gouverneurs, ou entretenir des contacts réguliers avec les élus locaux.

 

2°) La déconcentration indispensable à la décentralisation

La décentralisation au GABON ne peut réussir si elle ne s’accompagne d’une volonté politique de déconcentration. La déconcentration concerne l’aménagement des rapports entre autorités centrales et autorités locales d’une même et unique personne publique : l’ETAT. Elle consiste à renforcer les pouvoirs ou les attributions des représentants locaux du pouvoir central (gouverneurs ,directeurs d’administration …) afin de décongestionner ce même pouvoir central. La déconcentration présente un double intérêt : D’une part, elle allège les compétences des autorités centrales , alors que la concentration entraîne la lenteur dans le règlement des affaires. D’autre part, elle permet aux représentants provinciaux du pouvoir central de régler des questions diverses en tenant compte de des spécificités locales ; et aux élus d’avoir des interlocuteurs plus efficaces. Plusieurs conditions doivent tout de même être réunies : le transfert des compétences doit s’accompagner d’un transfert de moyens. La déconcentration pourrait être expérimentée sur deux ans, dans deux provinces pilotes. Les prérogatives du gouverneur doivent être renforcées en matière de déconcentration. En définitive ,l’invitation faite à la décentralisation dans l’agenda de nos institutions politiques depuis le début de l’année constituera, espérons le, l’acte réalisateur de ce projet si cher au Président de la République .Les sénateurs, dont le collège électoral est essentiellement constitué d’élus locaux devraient s’atteler à offrir au peuple gabonais une véritable administration décentralisée répondant aux standards internationaux et pouvant constituer un moyen efficace pour endiguer la paupérisation de l’intérieur du pays .Une réforme de la loi sur la décentralisation devrait rendre la formation des élus locaux obligatoire .face à la crise économique mondiale dont le Gabon n’est hélas pas épargné, des mesures susceptibles d’y remédier ne devraient pas être tenues dans des tiroirs administratifs .C’est à l’aune de cette confusion structurelle des pouvoirs locaux qu’il faut repenser le processus de décentralisation lequel comporte un gain politique certain.

Ultry OKENKALI

 


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posté le 28-02-2011 à 17:13:26

LA DECENTRALISATION AU GABON : BILAN

 LE BILAN

 

 LES 12 ANNEES DE LA DECENTRALISATION

Le processus de décentralisation a été institué par la loi fondamentale en son article 112 et consacré par la loi organique 12/96 du 6 janvier 1996. cette loi associe les collectivités locales et l’ETAT dans la construction du développement économique, culturel, scientifique et sanitaire, l’aménagement du territoire, la protection de l’environnement, l’amélioration du cadre de vie des citoyens… Elle constitue donc un facteur de modernisation politique, d’intégration et de médiation sociale.

Cette loi a transformé tous les départements du Gabon en commune. Ce qui a conduit le nombre de collectivités locales à 97 soit 50 départements et 47 communes dont l’immense majorités ont moins de 10 000 habitants. Dans son article 3 , la loi de 1996 stipule qu’une collectivité locale est une personne morale de droit public distincte de l’ETAT, dotée de la personnalité juridique et de l’autonomie financière. Pour asseoir cette autonomie financière, le législateur a mis en place un mécanisme d’aide. Pour aider les collectivités locales à compenser les charges additives qui résultent de certains transferts de compétences, la loi de 96 a mis sur pied le fond de péréquation des collectivités locales (fpcl). A cela s’ajoute une dotation, dite d’équipement, destinée à couvrir les dépenses d’équipements qui répondent à un intérêt local ou public .En plus de la dotation globale d’équipement, les collectivités locales sont autorisées, dans la limite de leurs capacités réelles d’endettement, de contracter des emprunts auprès des organismes financiers nationaux et internationaux jusqu’à 30% de leur budget. Au-delà, l’autorisation préalable de l’ETAT est obligatoire. A la lecture du contenu de l’article portant sur la mise en oeuvre de la décentralisation, il convient de reconnaître au législateur, la volonté de doter les collectivités locales d’une autonomie de gestion. Mais plus de dix ans après son entrée en application, les objectifs visés à travers

cette innovation politico - administrative ont-ils été atteints ?

 

1° Une loi restée théorique

La mise en oeuvre effective de la loi sur la décentralisation a connu de nombreux obstacles . Le premier est la volonté des pouvoirs politiques d’accéder à une organisation réellement décentralisée. Tant le transfert  de certaines compétences n’a pas été effectif. A cela s’ajoute la tutelle financière des collectivités locales dont la quasi- totalité des budgets sont des subventions de l’ETAT. Autrement dit, environ 95% des collectivités locales n’ont pas de fonds propres. Pourquoi les dirigeants politiques ont-ils délibérément freiné une volonté progressiste de la jeune démocratie gabonaise, alors même que le Président de la République Omar Bongo Ondimba l’inscrivait dans le programme à la base duquel il a été élu en 2005 ? Point n’est besoin de rappeler que le Gabon accuse un grand retard par rapport aux pays de l’Afrique de l’ouest .le Sénégal par exemple a amorcé sa décentralisation depuis 1972 et constitue aujourd’hui un model d’administration décentralisée. Ce qui a largement facilité l’accès de ses collectivités locales aux aides étrangères, au titre de coopération décentralisée, essentiellement focalisée sur le Co-développement nord sud. A titre indicatif, en 2005 le Sénégal a reçu plus de cinq milliards de nos francs d’aide à la coopération décentralisée.

Ce laxisme politique entrave le développement politico-économique du Gabon profond. Car si la décentralisation constitue sans aucun doute un moyen de favoriser l’essor économique des collectivités locales, du fait des investissements que ces dernières pourraient réaliser, elle

constitue également un idéal politique, en ce sens qu’elle pourrait permettre une démocratie plus participative qui siérait mieux aux exigences d’une gestion concertée des collectivités

locales.

 

2° L’amateurisme des élus locaux.

Au nombre des carences ayant entravé la réussite de la décentralisation, on pourrait également évoquer l’amateurisme de certains maires et présidents de conseils départementaux. Car, la plus part d’entre eux n’ont pas toujours connaissance de la mission qui leur est assignée .Ainsi en va-t-il par exemple des fondamentaux de la gestion de la domanialité publique. Par ailleurs, selon le principe de la démocratie représentative, les élus prétendent représenter l’ensemble des citoyens.

Or, les capacités exigibles aux élus locaux sont bien éloignées de celles qui caractérisent la plupart de nos maires et présidents d’assemblées départementales ; notamment dans les petites collectivités. Ainsi, jugerait-on acceptable que, après plusieurs années de mandat, un élu ne sache toujours pas garantir la transparence dans l’attribution d’un marché public. Comment se passer de formation quand on est face à des décideurs qui engagent l’avenir de leurs concitoyens sans une expertise appropriée?

 

Ultry OKENKALI

 

 


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posté le 28-02-2011 à 00:08:37

INFRASTRUCTURES

LES ACTIONS DU PRÉSIDENT POUR LE DÉVELOPPEMENT DES INFRASTRUCTURES AU GABON.

 

Depuis son investiture, le Chef de l’Etat n’a eu de cesse de prendre le pouls de la réalité de la vie des Gabonais. Ses visites sur le terrain font la joie de la population et permettent une concrétisation de son projet pour un « Avenir en Confiance ». En vaut pour preuve sa visite surprise dans le quartier de Kinguélé ou encore la Caravane Gabon profond. Accompagné de son épouse Sylvia, le Chef de l’Etat a pu toucher du doigt les difficultés quotidiennes des habitants de ce quartier populaire de Libreville.
 

Lors de son investiture, le Président avait inclus dans l'axe 6 de son Projet de Société, "Mettre en place des infrastructures de soutien au développement économique", l’importance de doter le Gabon d’infrastructures fiables afin de dynamiser la croissance économique. Cette volonté va de pair avec le souci d’apporter aux Gabonais de meilleures conditions de vie :

 

« Notre infrastructure de transport (routes, ports, aéroports, chemins de fer, pistes de production) sera mise à niveau par la réhabilitation des infrastructures défectueuses et la construction de nouveaux tronçons critiques. L’ensemble du Gabon devra ainsi, à l’horizon 2016, être désenclavé, afin de permettre à notre pays de se positionner comme un « hub » régional de référence. 
 

Notre production d'électricité sera triplée d’ici 2016 grâce à notre potentiel hydroélectrique et gazier, permettant ainsi d’assurer l’électricité à tous les citoyens et de réduire le coût de l’électricité. 
 
Le développement accéléré de notre infrastructure de télécommunications concrétisera, en plus des autres infrastructures de base traditionnelles, le saut qualitatif que notre économie doit connaître d’ici à 2016, avec une baisse significative des coûts de communication et la généralisation de l’accès à Internet. »
 
Source : www.presidentalibongo.com
 


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posté le 28-02-2011 à 00:08:03

INFRASTRUCTURES

LES ACTIONS DU PRÉSIDENT POUR LE DÉVELOPPEMENT DES INFRASTRUCTURES AU GABON.

 

Depuis son investiture, le Chef de l’Etat n’a eu de cesse de prendre le pouls de la réalité de la vie des Gabonais. Ses visites sur le terrain font la joie de la population et permettent une concrétisation de son projet pour un « Avenir en Confiance ». En vaut pour preuve sa visite surprise dans le quartier de Kinguélé ou encore la Caravane Gabon profond. Accompagné de son épouse Sylvia, le Chef de l’Etat a pu toucher du doigt les difficultés quotidiennes des habitants de ce quartier populaire de Libreville.
 

Lors de son investiture, le Président avait inclus dans l'axe 6 de son Projet de Société, "Mettre en place des infrastructures de soutien au développement économique", l’importance de doter le Gabon d’infrastructures fiables afin de dynamiser la croissance économique. Cette volonté va de pair avec le souci d’apporter aux Gabonais de meilleures conditions de vie :

 

« Notre infrastructure de transport (routes, ports, aéroports, chemins de fer, pistes de production) sera mise à niveau par la réhabilitation des infrastructures défectueuses et la construction de nouveaux tronçons critiques. L’ensemble du Gabon devra ainsi, à l’horizon 2016, être désenclavé, afin de permettre à notre pays de se positionner comme un « hub » régional de référence. 
 

Notre production d'électricité sera triplée d’ici 2016 grâce à notre potentiel hydroélectrique et gazier, permettant ainsi d’assurer l’électricité à tous les citoyens et de réduire le coût de l’électricité. 
 
Le développement accéléré de notre infrastructure de télécommunications concrétisera, en plus des autres infrastructures de base traditionnelles, le saut qualitatif que notre économie doit connaître d’ici à 2016, avec une baisse significative des coûts de communication et la généralisation de l’accès à Internet. »
 
Source : www.presidentalibongo.com
 


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posté le 27-02-2011 à 23:47:03

LE GABON ET LA QUESTION DE LA SOCIETE DE L'INFORMATION

Le Gabon et la question de la Société de l’Information. Approche spatiale des réseaux et des enjeux géopolitiques des technologies de la communication.

 

 I-LE CONTEXTE PREALABLE A L’ETUDE

 Au niveau international mais aussi celui du Gabon, le Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI de Genève 2003 et Tunis 2005) est venu couronner la mobilisation sans commune mesure de nombreux acteurs de tous bords (Etats, ONG, associations, entreprises). Il a aussi renforcé l’intérêt grandissant accordé au rôle des TIC en tant que nouveau facteur de développement et à la société de l’information en tant que nouvel idéal de réalisation sociale vers lequel tendent et aspirent tous les pays du monde.

 

Entre 1995 et 2009, cela s’est traduit au Gabon par la création d’institutions publiques et privées consacrées aux TIC, l’irruption d’associations et le déploiement en partenariat d’une infinité de projets estampillés « TIC et Société de l’information », l’esquisse d’une orientation stratégique visant à faire du Gabon un pôle numérique majeur (PNM). D’où le point de départ de la thèse ambitionnant d’apprécier l’épaisseur ou la vacuité des transformations liées à ce contexte par une étude géographique et géopolitique des dynamiques, des implications socio-spatiales et des résistances portées directement et indirectement par les TIC.

 


II-LE CADRE THEORIQUE

 

Du Nord au Sud, du global au local et inversement, la rhétorique autour des TIC et de la société de l’information identifie plusieurs acteurs, des stratégies et des visions croisées voire contradictoires sur le rôle que jouent et que peuvent jouer les TIC en Afrique, notamment au Gabon. Quelles sont dès lors, à l’échelle de ce pays, les traductions socio-spatiales des processus liés à l’insertion des TIC dans les territoires depuis l’espace global, national, régional et local ? Laissent-elles poindre des effets structurants susceptibles de soutenir la diversification économique et de contribuer à anticiper l’après pétrole ?

 

Pour établir un diagnostic précis de la situation du Gabon et esquisser des perspectives cohérentes et réalistes, l’étude rassemble des matériaux divers tirés de plusieurs terrains aux fins de comparaison. Elle connecte dans le même but des éléments de catégorie différenciée (le territoire, le réseau et les TIC), ce qui permet un discours scientifique opératoire et autorise surtout des problématiques territorialisées innovantes (géographie de la société de l’information, géopolitique de l’insertion des TIC, Objets Géographiques à Visibilité Réduite (OGVR).

 

III-DIAGNOSTIC SUR L’INSERTION DES TIC AU GABON

 

La formation territoriale du Gabon contemporain a très tôt (époques coloniales puis postcoloniale) façonné un espace de circulation de l’information et de la communication régulé et structuré par l’économie d’exportation des matières premières (le bois, le pétrole et les mines) et l’extrême urbanisation du pays autour de pôles majeurs et mineurs qui ont durablement extraverti le système de communications et conséquemment orienté l’insertion des TIC (téléphonie mobile, Internet, etc.).

Avec en sus, un réseau de télécommunications filaires insuffisant et qui a connu une évolution contrastée, le déploiement technique et réglementaire des nouveaux réseaux (AMPS, GSM, Internet) a tantôt renforcé les inégalités territoriales d’accès préexistantes, tantôt recentré partiellement vers l’intérieur, les accès aux TIC. Hormis des évocations politiques ponctuelles, les signaux forts accréditant une stratégie claire d’appropriation globale des TIC sont inexistants.

 

IV-COMMENT LE GABON PEUT-IL DEVENIR REELLEMENT UN POLE NUMERIQUE MAJEUR ?

 

Dans un Gabon en quête de perspectives de développement, les accès à la téléphonie mobile, les accès Internet, les usages pour tous, la formation aux usages et leur corollaire (infrastructures, équipements, etc.) ne sont qu’un premier palier. Un projet politique neuf est nécessaire pour « élaborer la mécanique complexe des conditions d’accès » à même de permettre une « appropriation globale des TIC, issue crédible vers un pôle numérique majeur ». Cela passe entre autre par :


1-     le bilan précis de dix ans (1999-2009) d’engagement des pouvoirs publics sur les TIC où l’effervescence et l’instrumentalisation ont devancé l’action, la réflexion et la construction ;

2-     le redéploiement d’une politique publique des TIC en partenariat incluant une dimension industrielle des services : l’objectif est de mettre en réseau via des protocoles hiérarchisés de recensement des besoins, par l’intermédiaire d’une structure spécialisée, les pôles de compétence nationaux (enseignement supérieur et recherche), les services publics de proximité jugés prioritaires dans l’accès et la maîtrise des TIC (Éducation nationale et enseignement supérieur, Santé, justice, économie numérique des services, etc.), le tout dans le cadre d’un technopôle à vocation sous-régionale avec les meilleurs partenaires dans le domaine. Seule, une pareille orientation peut conduire le Gabon vers un réel leadership régional High Tech et surtout vers une « autre » participation à la mondialisation et à la société de l’information, synonyme de positionnement dans l’espace mondialisé en tant qu’acteur et non plus seulement en tant que client, consommateur ou périphérie de la périphérie (c’est-à-dire très loin du centre ou des centres).


MAKANGA BALA Martial Pépin

Docteur NR en Géographie

Enseignant - Chercheur à l'université OBO

Spécialiste des questions liées aux TIC au Gabon et en Afrique centrale

 

 


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