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Titre du blog : FEDERATION PDG DE FRANCE
Auteur : pdgfrance
Date de création : 23-02-2011
 
posté le 27-02-2011 à 23:47:03

LE GABON ET LA QUESTION DE LA SOCIETE DE L'INFORMATION

Le Gabon et la question de la Société de l’Information. Approche spatiale des réseaux et des enjeux géopolitiques des technologies de la communication.

 

 I-LE CONTEXTE PREALABLE A L’ETUDE

 Au niveau international mais aussi celui du Gabon, le Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI de Genève 2003 et Tunis 2005) est venu couronner la mobilisation sans commune mesure de nombreux acteurs de tous bords (Etats, ONG, associations, entreprises). Il a aussi renforcé l’intérêt grandissant accordé au rôle des TIC en tant que nouveau facteur de développement et à la société de l’information en tant que nouvel idéal de réalisation sociale vers lequel tendent et aspirent tous les pays du monde.

 

Entre 1995 et 2009, cela s’est traduit au Gabon par la création d’institutions publiques et privées consacrées aux TIC, l’irruption d’associations et le déploiement en partenariat d’une infinité de projets estampillés « TIC et Société de l’information », l’esquisse d’une orientation stratégique visant à faire du Gabon un pôle numérique majeur (PNM). D’où le point de départ de la thèse ambitionnant d’apprécier l’épaisseur ou la vacuité des transformations liées à ce contexte par une étude géographique et géopolitique des dynamiques, des implications socio-spatiales et des résistances portées directement et indirectement par les TIC.

 


II-LE CADRE THEORIQUE

 

Du Nord au Sud, du global au local et inversement, la rhétorique autour des TIC et de la société de l’information identifie plusieurs acteurs, des stratégies et des visions croisées voire contradictoires sur le rôle que jouent et que peuvent jouer les TIC en Afrique, notamment au Gabon. Quelles sont dès lors, à l’échelle de ce pays, les traductions socio-spatiales des processus liés à l’insertion des TIC dans les territoires depuis l’espace global, national, régional et local ? Laissent-elles poindre des effets structurants susceptibles de soutenir la diversification économique et de contribuer à anticiper l’après pétrole ?

 

Pour établir un diagnostic précis de la situation du Gabon et esquisser des perspectives cohérentes et réalistes, l’étude rassemble des matériaux divers tirés de plusieurs terrains aux fins de comparaison. Elle connecte dans le même but des éléments de catégorie différenciée (le territoire, le réseau et les TIC), ce qui permet un discours scientifique opératoire et autorise surtout des problématiques territorialisées innovantes (géographie de la société de l’information, géopolitique de l’insertion des TIC, Objets Géographiques à Visibilité Réduite (OGVR).

 

III-DIAGNOSTIC SUR L’INSERTION DES TIC AU GABON

 

La formation territoriale du Gabon contemporain a très tôt (époques coloniales puis postcoloniale) façonné un espace de circulation de l’information et de la communication régulé et structuré par l’économie d’exportation des matières premières (le bois, le pétrole et les mines) et l’extrême urbanisation du pays autour de pôles majeurs et mineurs qui ont durablement extraverti le système de communications et conséquemment orienté l’insertion des TIC (téléphonie mobile, Internet, etc.).

Avec en sus, un réseau de télécommunications filaires insuffisant et qui a connu une évolution contrastée, le déploiement technique et réglementaire des nouveaux réseaux (AMPS, GSM, Internet) a tantôt renforcé les inégalités territoriales d’accès préexistantes, tantôt recentré partiellement vers l’intérieur, les accès aux TIC. Hormis des évocations politiques ponctuelles, les signaux forts accréditant une stratégie claire d’appropriation globale des TIC sont inexistants.

 

IV-COMMENT LE GABON PEUT-IL DEVENIR REELLEMENT UN POLE NUMERIQUE MAJEUR ?

 

Dans un Gabon en quête de perspectives de développement, les accès à la téléphonie mobile, les accès Internet, les usages pour tous, la formation aux usages et leur corollaire (infrastructures, équipements, etc.) ne sont qu’un premier palier. Un projet politique neuf est nécessaire pour « élaborer la mécanique complexe des conditions d’accès » à même de permettre une « appropriation globale des TIC, issue crédible vers un pôle numérique majeur ». Cela passe entre autre par :


1-     le bilan précis de dix ans (1999-2009) d’engagement des pouvoirs publics sur les TIC où l’effervescence et l’instrumentalisation ont devancé l’action, la réflexion et la construction ;

2-     le redéploiement d’une politique publique des TIC en partenariat incluant une dimension industrielle des services : l’objectif est de mettre en réseau via des protocoles hiérarchisés de recensement des besoins, par l’intermédiaire d’une structure spécialisée, les pôles de compétence nationaux (enseignement supérieur et recherche), les services publics de proximité jugés prioritaires dans l’accès et la maîtrise des TIC (Éducation nationale et enseignement supérieur, Santé, justice, économie numérique des services, etc.), le tout dans le cadre d’un technopôle à vocation sous-régionale avec les meilleurs partenaires dans le domaine. Seule, une pareille orientation peut conduire le Gabon vers un réel leadership régional High Tech et surtout vers une « autre » participation à la mondialisation et à la société de l’information, synonyme de positionnement dans l’espace mondialisé en tant qu’acteur et non plus seulement en tant que client, consommateur ou périphérie de la périphérie (c’est-à-dire très loin du centre ou des centres).


MAKANGA BALA Martial Pépin

Docteur NR en Géographie

Enseignant - Chercheur à l'université OBO

Spécialiste des questions liées aux TIC au Gabon et en Afrique centrale